Intérêt de la PCR quantitative pour le diagnostic de la lèpre. Étude en milieu rural au Bénin
2019; Elsevier BV; Volume: 146; Issue: 12 Linguagem: Francês
10.1016/j.annder.2019.09.447
ISSN2214-5451
AutoresN. Sigg, E. Marion, Ronald Gnimavo, Roch Christian Johnson, Lucie Martin, Abdellah Baba Habib,
Tópico(s)Infectious Diseases and Tuberculosis
ResumoSelon les dernières recommandations de l’OMS, le diagnostic de la lèpre repose sur la présence d’un des trois signes cardinaux : hypoesthésie sur une plaque cutanée hypochromique ou érythémateuse, épaississement d’un nerf périphérique avec troubles sensitifs ou moteurs du territoire, présence de bacilles acido-alcoolo résistants au frottis cutané. La réponse bacilloscopique est corrélée à l’immunité du sujet. Sa négativité dans les formes tuberculoïdes et borderline peut entraîner un doute diagnostique. La PCR semble être l’examen biologique le plus sensible et le plus spécifique mais reste peu répandue. Le Centre de diagnostic et de traitement de la lèpre et de l’ulcère de Buruli (CDTLUB) de Pobè, situé dans une zone rurale et endémique au Bénin, est le premier centre d’Afrique de l’Ouest à bénéficier d’un laboratoire d’analyses moléculaires, subventionné par la fondation Raoul-Follereau, qui permet depuis 2017 la détection de l’ADN de M. leprae par PCR. Notre étude évalue la performance de la PCR quantitative au CDTLUB dans le diagnostic de la lèpre. Tout patient suspect de lèpre était inclus dans notre étude. Lors de l’examen initial étaient réalisés un frottis sur un ou plusieurs sites (bordure d’une tâche, lobe des oreilles) et un écouvillon nasal. Sur chaque matériel prélevé étaient réalisées une bacilloscopie et une PCR quantitative ciblant l’ADN de M. leprae. Vingt-sept patients étaient inclus : 19 étaient prélevés sur le lobe des oreilles, 7 sur le lobe de l’oreille et en périphérie d’une tâche, et 1 patient sur les 3 sites. Le sex-ratio était de 2,3 (M/F), l’âge moyen de 38,8 ans [8–65 ans] ; la forme MB était la plus fréquente (89 %). La clinique permettait d’affirmer le diagnostic de lèpre dans 85 % des cas, la bacilloscopie dans 42 % des cas et la PCR dans 70 % des cas. Seule la combinaison de la clinique avec la PCR permettait d’étiqueter la totalité des cas de lèpre. Vingt-trois des 27 patients de l’étude remplissaient les critères diagnostiques de l’OMS. Quatre patients présentaient des formes cliniques douteuses avec bacilloscopie négative et le diagnostic était affirmé par la PCR. La sensibilité de la PCR au CDTLUB était de 75 % dans les formes MB. Ce résultat était comparable à celui de Tatipally et al. qui trouvaient une sensibilité de 77 % dans les formes MB. Notre échantillon de formes PB était trop faible pour conclure. Malgré un effectif faible, nos résultats montrent que la recherche d’ADN du bacille sur frottis cutané est une méthode de prélèvement adéquate en vue d’un diagnostic moléculaire et le frottis cutané est une méthode peu invasive, facile à réaliser lors des campagnes de dépistage sur le terrain. Nous confirmons l’intérêt de la PCR quantitative dans le diagnostic de la lèpre. La disponibilité de cet outil à Pobé permettra un meilleur diagnostic de la lèpre sur le plan national mais également dans la sous-région d’Afrique de l’Ouest.
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